Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a-t-il définitivement perdu le soutien de la France ? C’est en tout cas ce que croit savoir l’hebdomadaire Jeune Afrique, qui détaille « l’IBK Bashing » de la diplomatie française. Pour Paris, IBK n’est plus l’homme de la situation pour faire face au défi terroriste et relever le Mali.

Dans un article intitulé « Ibrahim Boubacar Keïta à l’Élysée : quand Paris peine à placer le curseur politique », le directeur de la rédaction de Jeune Afrique, François Soudan, évoque « l’air un brin perplexe affiché par le président Keïta au terme de son séjour parisien » effectué le 17 février.

Une perplexité qui s’explique par l’atmosphère pesante autour du président malien au sein des différentes instances du pouvoir français. Et plus précisément « l’agressivité de l’IBK bashing pratiqué presque hebdomadairement par le ministère de la Défense, celui des Affaires étrangères et la communauté des spécialistes français du Sahel ».

Une situation intenable pour IBK à moins de six mois de l’élection présidentielle tant sa survie politique dépend du soutien de la France, dont les soldats sécurisent de larges pans du territoire malien. Et le moins que l’on puisse dire est que ni Emmanuel Macron, ni aucun membre de son gouvernement, ne s’empressent de venir au secours d’un président jugé trop passif (et affairiste) pour gérer efficacement la situation d’urgence à laquelle fait face son pays.

Le président malien doit de plus faire face à l’hostilité ouverte de Jean-Yves Le Drian. Le ministre des Affaires étrangères, qui a été pendant cinq ans ministre de la Défense, connait bien la situation malienne et estime que le pays est dans une impasse avec Ibrahim Boubacar Keïta à sa tête.

C’est donc le Quai d’Orsay qui mène la fronde anti-IBK avec la volonté affichée de voir émerger une alternative démocratique, seule chance selon les diplomates français de voir le Mali prendre la mesure des défis à relever. Qu’il s’agisse de la lutte armée contre le terrorisme, mais aussi des disparités sociales qui en sont souvent la cause.

« IBK, ou comment s’en débarrasser… », conclut laconiquement François Soudan après avoir précisé que les positions de la diplomatie française sont partagées par les experts de la question malienne : « Il suffit, pour s’en convaincre, de lire les dernières analyses de Serge Michailof ou de l’ex-conseiller Afrique de Nicolas Sarkozy, Bruno Joubert : si la France veut éviter de basculer dans une guerre sans fin au Mali, elle se doit, à leurs yeux, de favoriser un changement de pouvoir dans ce pays ».

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