Aliou Diallo, le candidat à l’élection présidentielle malienne issu de la société civile, a présenté son programme pour lutter contre le fléau terroriste qui gangrène le nord et le centre du pays. Un programme qui allie une réponse sécuritaire et de soutiens aux leaders religieux modérés, à un véritable plan Marshall socio-économique.

La première priorité d’Aliou Diallo est de reprendre le contrôle du centre du Mali, véritable verrou sécuritaire du pays sur le point de tomber définitivement entre les mains des groupes armés djihadistes. « La recrudescence de la violence dans les régions du Centre est un frein à la paix. Il faut y trouver une solution rapidement pour éviter que la crise ne déstabilise l’ensemble du pays », a assuré le candidat.

Les populations du centre du Mali ont progressivement perdu confiance dans l’autorité de l’Etat et sont de plus en plus enclines à se ranger derrière des groupes terroristes qui leur apportent les services sociaux de base (protection, eau, santé, éducation,…) que le gouvernement malien a renoncé à leur fournir depuis de nombreuses années.

« Il faut impliquer toutes les énergies positives pour rassurer les populations qui ont perdu confiance en l’Etat central. Jusque-là la vieille garde politique n’en a pas été capable. Depuis l’avènement de la démocratie, les maliens ont entendu toutes sortes de promesses grandiloquentes mais qui n’ont jamais été réalisées », a regretté Aliou Diallo avant de proposer la mise en place d’une « équipe technique composée des leaders religieux modérés, d’experts sécuritaires et d’acteurs sociopolitiques pour endiguer la crise au Centre du pays ».

Une approche communautaire de proximité qu’Aliou Diallo conçoit en parallèle à une indispensable montée en puissance sécuritaire et militaire pour que le gouvernement malien soit en mesure de reprendre le contrôle du centre du pays sans dépendre de l’assistance des troupes internationales. « Nous devrons accélérer la réforme du secteur de la sécurité pour que la montée en puissance de nos forces armées contribue à la sécurisation des initiatives de l’Etat », a affirmé M. Diallo. Un effort militaire pour le centre du Mali sur lequel Aliou Diallo compte investir 1’000 milliards de francs CFA (1,5 milliard d’euros).

Aliou Diallo souhaite mener de front la reconquête du centre et du nord du pays, et souhaite renouer le dialogue avec les rebelles touaregs du nord en prenant pour base les accords d’Alger, signés en 2015 mais jamais appliqués en raison de « l’inaction du gouvernement et du manque de confiance entre les parties signataires. Le dialogue doit reprendre en s’appuyant certes sur l’accord actuel mais en tenant compte de l’évolution malheureusement dramatique de la situation ».

« L’objectif est de créer un cadre de confiance réelle entre tous les acteurs de la crise malienne. Il n’y aura plus de place aux promesses irréalisables. Il faut aller au concret et au réalisme politique », a poursuivi M. Diallo avant de préciser qu’il souhaitait investir en cinq ans 1’000 milliards de Francs CFA dans le développement économique et social des régions du nord.

« Le développement économique décentralisé de toutes les régions du Mali doit être au cœur de toute initiative de paix durable car c’est la pauvreté, le sentiment d’exclusion et l’incapacité de l’Etat à améliorer les conditions de vie des populations qui sont les fondements de notre crise. Nous devons faire en sorte que l’Etat central associe davantage les populations locales dans la gouvernance économique, politique et sociale de leurs régions », a-t-il conclu.

 

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